Un soir de fin septembre, la tour Eiffel quitte son doré pour un rose franc. Ce n'est ni une fantaisie ni une fête : c'est le signal de départ d'Octobre Rose, le mois consacré au dépistage du cancer du sein. Voici à quelle date elle s'allume, pourquoi, d'où la regarder, et ce qui se passe à Paris pendant le reste du mois.
La tour en rose vue du Trocadéro, le soir du lancement d'Octobre Rose. Le bassin en reprend le reflet. · Café de l'Homme
Pourquoi la tour Eiffel devient rose
Le rose est la couleur du ruban qui symbolise la lutte contre le cancer du sein depuis les années 1990. En France, la campagne s'appelle Octobre Rose et se tient du 1er au 31 octobre. Elle est portée par l'association Ruban Rose, qui en est à l'origine dans le pays et qui finance la recherche grâce aux dons collectés.
La tour Eiffel s'associe à l'opération depuis 2014. L'illumination marque le lancement de la campagne, la veille ou l'avant-veille du 1er octobre, et plusieurs autres monuments parisiens s'éclairent le même soir. Ce n'est donc pas une décoration : c'est un signal, et il dure une soirée.
Le message derrière la couleur est simple et tient en une phrase : détecté tôt, un cancer du sein se guérit dans neuf cas sur dix. Tout le mois sert à le rappeler.
À quelle date exactement, et pour combien de temps
En 2026, la tour Eiffel était rose le mercredi 30 septembre, de 20h00 à minuit. La soirée de lancement se tenait au pied du monument, depuis le Champ-de-Mars, en présence de chercheurs, de mécènes et d'artistes réunis par Ruban Rose, avec une création chorégraphique conçue pour l'occasion.
Deux précisions qui évitent les déceptions. La date change chaque année : elle tombe les derniers jours de septembre, jamais au même jour de la semaine, et elle n'est confirmée que quelques jours avant. Et la tour n'est rose qu'un seul soir, pas pendant tout le mois d'octobre, contrairement à ce que l'on lit souvent.
Pendant ces quatre heures, l'éclairage doré habituel est entièrement remplacé. Le scintillement garde son rythme ordinaire : cinq minutes au début de chaque heure, en blanc, par-dessus le rose.
D'où la regarder
L'illumination est visible de loin, mais deux points de vue dominent, chacun avec son caractère. Ils sont gratuits et ne demandent aucune réservation.
Le parvis du Trocadéro offre la vue classique, de face et en hauteur, celle de toutes les photographies. On voit le monument entier, les jardins en contrebas et la Seine. C'est le point de vue le plus photogénique, et donc le plus fréquenté : arriver vers 19h30 pour une place au premier rang de la terrasse du Palais de Chaillot n'a rien d'excessif.
Le Champ-de-Mars place au pied de la tour, dans la perspective verticale. On perd l'ensemble, on gagne l'échelle, et c'est là que se tient le lancement officiel. L'herbe est plus accueillante que la pierre un soir de fin septembre.
Pour qui préfère regarder assis, les terrasses du Trocadéro donnent sur la même perspective que le parvis. Café de l'Homme occupe l'aile Passy du Palais de Chaillot et sa terrasse fait face au monument, à hauteur du parvis : c'est l'un des rares endroits où l'on peut dîner en regardant l'illumination, mais une table s'y réserve longtemps à l'avance ce soir-là.
Le reste du mois à Paris
L'illumination n'est que le coup d'envoi. Pendant tout le mois, Paris et l'Île-de-France accueillent des dizaines de rendez-vous : courses solidaires, ateliers de prévention, espaces de dépistage gratuit.
La course Odysséa Paris se tient les 3 et 4 octobre 2026 au château de Vincennes, dans le bois de Vincennes. C'est le plus gros rassemblement de la campagne en Île-de-France, et les inscriptions financent la recherche.
Le samedi 10 octobre, les marchés couverts parisiens participent à une opération solidaire : 1 200 roses sont offertes au public, une fleur contre un don de trois euros ou plus. L'intégralité de la collecte va à Ruban Rose et à l'Institut Curie.
Se faire dépister : ce qu'il faut savoir
C'est la raison d'être du mois, et l'information la plus utile de cette page. En France, le dépistage organisé existe depuis 2004 : une mammographie est proposée tous les deux ans aux femmes de 50 à 74 ans, prise en charge à 100 % par l'Assurance Maladie, sans avance de frais.
À partir de 50 ans, l'invitation arrive automatiquement par courrier, accompagnée d'un bon de prise en charge et de la liste des radiologues agréés du département. Les clichés jugés normaux sont relus par un second radiologue, ce qui n'existe pas dans un examen fait hors programme. Ce dispositif permet de détecter chaque année environ 15 000 cancers du sein à un stade précoce.
Avant 50 ans, ou en présence d'antécédents familiaux, le suivi se décide avec un médecin : le programme organisé ne s'y applique pas. Pour les informations officielles et les dons, l'association Ruban Rose et l'Institut national du cancer font référence.



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